Asthme équin : Un nouveau terme pour un vieux problème

Asthme équin : Un nouveau terme pour un vieux problème

 

Par les Drs. Kathleen Ivester et Laurent Couetil

Purdue University College of Veterinary Medicine, West Lafayette, Indiana

Depuis presque aussi longtemps que les chevaux ont été domestiqués, la relation entre le confinement dans l'étable et les maladies respiratoires chez le cheval a été reconnue. Cette relation est intuitive, surtout si l'on considère qu'au fond des poumons, où le sang absorbe l'oxygène, la barrière entre l'air extérieur et la circulation du cheval est aussi mince que deux cellules. La surface de cette zone d'échange gazeux du poumon est en moyenne de 2,500 m², soit près de la moitié d'un terrain de foot.

La réponse du système immunitaire pulmonaire à l'air inhalé entraîne un certain nombre de maladies chez les humains et les chevaux. Bon nombre des maladies respiratoires professionnelles chez les humains sont associées à l'agriculture en raison de l'exposition aux poussières organiques. Les poussières en milieu agricole, y compris dans les écuries, sont riches en substances telles que les endotoxines et les champignons qui peuvent causer l'inflammation.

Selon le moment où la conversation a eu lieu, les propriétaires de chevaux qui consultent leur vétérinaire auront entendu parler de plusieurs termes appliqués à ce problème : maladies inflammatoires des voies respiratoires (IAD – inflammatory airway disease, en anglais) ; MPOC (maladie pulmonaire obstructive chronique) ; obstruction récurrente des voies respiratoires ou RAO (recurrent airway obstruction) ; bronchiolite ; maladie des petites voies respiratoires ; et sans doute, d’autres noms ; et, tout récemment, « asthme équin ».

En cours de route, des distinctions ont été faites entre les chevaux qui ont de la difficulté à respirer au repos (RAO, asthme équin sévère) et ceux qui n'en ont pas (IAD, asthme équin léger). Bien qu'elle puisse être source de confusion pour le propriétaire du cheval, l'évolution de la terminologie reflète en fait une amélioration des connaissances vétérinaires.

Bien que le terme MPOC ait été utilisé pour désigner l'obstruction ou le blocage de voies respiratoires qui peut survenir dans les cas graves, ce terme a été écarté en raison des différences avec la maladie humaine. Chez l'homme, la MPOC est principalement une conséquence de la fumée de cigarette et se caractérise par des changements structurels dans les poumons qui sont absents chez le cheval. Bien que les termes « obstruction récurrente des voies respiratoires » et « maladie inflammatoire des voies respiratoires » soient précises sur le plan descriptif, ce ne sont pas nécessairement des termes qui aident immédiatement le propriétaire du cheval à comprendre le processus de la maladie.

En raison de ses nombreuses similitudes avec la maladie humaine, le terme « asthme équin » a été récemment adopté. Tout comme l'asthme humain, l'asthme équin est déclenché par l'inhalation de poussières qui contiennent des allergènes et d'autres irritants, et comme l'asthme humain, la toux et les difficultés respiratoires peuvent être inversées à court terme par des médicaments, souvent administrés par inhalateur, ou à long terme par le retrait des poussières en question.

Tout comme l'asthme chez l'homme, la réaction des voies respiratoires du cheval aux poussières inhalées peut varier considérablement. Chez certains chevaux très sensibles, l'inhalation, même de petites quantités de poussière dans l'écurie ou les allergènes en suspension dans l'air (p. ex. pollen, moisissures) au pâturage peuvent causer une inflammation grave et des difficultés respiratoires en raison de l'accumulation de mucus et du rétrécissement des voies respiratoires. Il n'existe aucun remède connu pour ces chevaux « gravement asthmatiques », et ils nécessitent une prise en charge spéciale pendant toute leur durée de vie. Chez d'autres chevaux, l'inflammation est plus légère, avec une toux occasionnelle et une diminution des performances. Les problèmes respiratoires de ces chevaux « légèrement asthmatiques » ne deviennent souvent apparents que lorsqu'on leur demande beaucoup d’effort, et peuvent disparaître avec le temps. Les chevaux atteints d'asthme léger ne deviennent pas nécessairement très asthmatiques.

 

Bien que la susceptibilité varie considérablement, tout cheval (ou toute personne) exposé à suffisamment de poussière développera une inflammation des voies respiratoires. Dans le cas des chevaux d'écurie, l'exposition à la poussière est principalement due au foin.

Les chevaux atteintes par de l’asthme grave ont souvent besoin que le foin soit complètement éliminé de leur alimentation et que les chevaux ne soient plus confinés dans un box. Dans les cas plus légers, la diminution de la poussière libérée par le trempage ou la purification à vapeur du foin peut améliorer la santé des voies respiratoires. Comme le trempage a un certain nombre d'inconvénients, la purification par vapeur à haute température devient la méthode préférée pour réduire l'exposition à la poussière du foin. Au Collège de médecine vétérinaire de l'Université Purdue, nous utilisons un purificateur Haygain qui, il a été démontré, réduit la poussière respirable de 98%.

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